Image-7-copie-2.pngJ'ai découvert l'Inrees il y a plusieurs années. Intriguée par le parcours de Stéphane Allix, cela faisait longtemps que je souhaitais me rendre à l'une des conférences de l'Inrees  et au passage rencontrer l'initiateur de cet institut pas comme les autres.


C'est ainsi que vendredi 3 octobre, je me suis rendue à la conférence intitulée  " La spiritualité Maasaï, avec 2 guerriers de lumière".  A peine arrivée dans l'amphitéâtre, je suis surprise par le monde. Il est 20h et 500 personnes sont présentes, fidèles au rendez-vous. Des jeunes, des trentenaires au look casual chic, des quarantenaires visiblement biens dans leurs pompes. Des femmes, beaucoup de femmes et quelques couples.

 

Tous sont venus écouter Xavier Péron et Kenny Matampash. Le premier est antrophologue, le second appartient à la tribu des Maasaï. Vénérable transmetteur de la Sagesse maasaï, il est aussi à la tête d'une ONG de sauvegarde du pastoralisme.

Les deux hommes se sont rencontrés en 1982, et depuis, Xavier Peron consacre sa vie à transmettre le message et la spiritualité de ce peuple.

 

Pourquoi une telle fascination ? Tout commence à l'âge de 6 ans. Le jeune breton se ballade à vélo sur une digue. La scène se déroule pendant les grandes marrées. Xavier ne freine pas et tombe à l'eau et "oublie de fermer la bouche". Il passe de l'autre côté et fait donc l'expérience de mort imminente. Un moment intense, dans lequel il se sent bien. Xavier qui n'est pas heureux, souhaite rester de l'autre côté, mais "on" lui indique de rentrer, de "rester vrai, d'être soi-même".


Et à partir de ce moment, Xavier fait un rêve récurrent dans lequel il voir un homme noir, vêtu de rouge. Cet homme l'invite dans une ronde d'enfant. Xavier fait ce rêve plusieurs fois, une bonne dizaine jusqu'à la fin de l'adolescence. Un rêve et des signes qui se multiplient et l'invitent à découvrir l'Afrique. Ce qu'il fera à 18 ans lorsque sa soeur se marie et part en Afrique.

 

En 1982, lors d'un voyage sur ce continent Xavier aperçoit Kenny et reconnaît l'homme de son rêve. Depuis, il n'a de cesse de transmettre messages portés par les Maasaï et de transmettre leur spiritualité. Après avoir passé 3 ans à ses côtés, Xavier Péron a toujours fait en sorte d'appliquer les leçons de ce peuple d'Afrique.

 

Dans la salle, le public est conquis et écoute avec attention. Après une bénédiction effctué par Kenny, les deux hommes tentent de nous délivrer les secrets des Maasaï.

 

Déjà accepter notre dualité, "d'où qu'on vienne sur terre, nous devons faire avec elle" explique le chercheur. Le féminin et le masculin étant incomplet, il manque en tout homme, le féminin sacrée et dieu appartient à cette catégorie.

Chez les Maasaï, pas de cours, ni de doctrine écrite, " tout se vit".  Pour eux la joie est essentielle dans la vie. Notre malheur vient de notre attitude. Nous sommes tristes car nous critiquons. Et pour cultiver le bonheur il suffit de le décider. Exemple concret : " Il fait beau ce matin, mon chien est mort, mon potager a enfin fleuri". Vous l'avez compris, l'idée première est de ne pas importuner l'autre avec des choses négatives et de renforcer le positif, histoire de ne pas s'attarder sur les mauvaises nouvelles.

"La vie c'est le bonheur, la joie et l'humilité. L'important est d'être connecté aux autres, toujours dans un cercle" résume Kenny. Pour les Maasaï, nous devons passer par différentes phases d'initiation afin de renforcer notre coeur.

 

Autre objectif, développer son intuition et communiquer avec "son jumeau intérieur" une sorte de copie idéal de nous même. Sans oublier d'être à l'écoute de notre corps " qui nous parle". Pour Xavier Péron, c'est essentiel, "il faut l'écouter, faire ce pourquoi on est fait".

 

Les messages sont simples mais clairs, l'idée étant de le faire, de décider de changer, de décider de modifier nos comportements, d'entrer dans le cercle.

 

Après un peu plus d'une heure d'explications, les deux hommes ont répondu à quelques questions, portant essentiellement sur la mort. " Il n'y a pas de mort, nous sommes juste de passage, entre un état et un autre, il n'y a donc aucune raison d'avoir peur" explique le guerrier Maasaï. Et lorsqu'un femme lui demande, comment cultiver la joie après la mort d'un enfant, Kenny évoque alors le fameux "cercle, rester dans le cercle, être connecté au autres".

 

Il y aurait eu une bonne dizaines de questions à poser, entre autre sur cette fameuse dualité, sur notre jumeau intérieur, copie idéale, l'autre que nous devons retrouver pour être nous même, mais le temps manque et les anéctodes ont parfois primé sur le fond.

 

Reste que la rencontre est une réussite et avant de repartir, Kenny offre une dernière bénédiction à l'aide de son baton sacré. Cette fois-ci, tous le public doit se donner la main, afin de faire le lien, ce fameux lien qui aujourd'hui nous fait tant défaut.

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